**Avertissement : le texte qui suit n’exprime pas forcément le point de vue de l’auteur**
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Est-ce que ça vous arrive souvent de penser? Et non, pas de penser à ce que vous allez faire demain ou à ce que vous allez manger ce soir, ces choses-là n’ont vraiment pas beaucoup d’importance, en fin de compte.
Penser à la vie, à la vôtre, à celle des personnes que vous croyez être indispensables dans votre vie. Je pensais que devenir universitaire (ah, quel mot important!) aurait signifié mener une vie très active et bien plus stressante. Je passe vraiment trop de temps à penser.
En y réfléchissant bien, je ne peux que constater que la pluspart du temps je suis seule. Et pas forcément ’seule’ dans la signification habituelle de cet adjectif (sans compagnie, sans aide, abandonnée, esseulé, non marié), mais seule tout en étant entourée par la foule, par des centaines de personnes qui ne me connaissent pas et qui probablement ne me connaîtront jamais.
Je ne me connais même pas. Qui suis-je? Peut-on jamais parvenir à connaître parfaitement cet être qu’on voit en se regardant dans un miroir? Je n’en suis pas tout à fait sûre. Et peut-être est-ce mieux comme ça. Et pourquoi donc cette espèce de malaise qui me frappe quelquesfois si violemment? Vous pouvez penser que je ne suis qu’une enfant gâtée qui se pose trop de problèmes inutiles.
Mais tout cela m’assombrit, je n’arrive plus à respirer, j’ai l’impression que quelqu’un continue à me donner des coups dans l’estomac, et moi, je ne peux rien y faire, je n’arrive plus à me remuer, je n’ai même pas la force de crier ou de pleurer. J’ai l’impression de tomber dans un trou qui n’a pas de fin, d’être montée quand j’étais encore toute petite sur un manège qui tourne et qui tourne et qui tourne , et de n’avoir jamais réussi à descendre, en espérant qu’un jour ça s’arrêtera.
Et ce n’est pas parce que l’université m’a arrachée à mes amis, en fin de compte, on se parle presque davantage que quand on était au lycée et qu’on se voyait tous les jours. Ce n’est pas la quantité de temps qu’on passe ensemble qui est importante, c’est la qualité, et non, ce n’est pas du tout une connerie.
Comme Chuck Palahniuk l’a écrit dans son merveilleux livre ‘Invisible Monsters’
The only way to find true happiness is to risk being completely cut open
Je ne veux pas me cacher, je ne veux pas avoir peur. PEUR.
Il pleut. Il y a des fois où j’aimerais bien redevenir enfant. Il me suffit de m’accrocher très fort à un pauvre vieux lapin en peluche.
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Et de continuer à sourire. C’est la seule chose que je puisse faire.
Sylvia K. Bertolotti
7 commentaires
octobre 30, 2007 à 10:02
C’est clair, il est bien vieux, ton lapin! lol
Je me demande combien nous sommes à souffrir de la solitude. Parfois, j’ai l’impression d’être sa seule prisonnière. Mais il ne faut pas perdre espoir. Comme on dit: la roue tourne.
octobre 31, 2007 à 1:40
C’est Bugs Pourry ton lapin
octobre 31, 2007 à 1:48
AdriM, mdr!! trop exacte!
novembre 1, 2007 à 10:27
Avez-vous lu lettres à un jeune poète du grand Rainer Maria Rilke ?? il parle bien de la solitude de l’artiste. Proust également
cordialement
novembre 2, 2007 à 11:56
non, mais ce livre est maintenant sur ma liste ”à lire”!
merci beaucoup.
novembre 6, 2007 à 10:36
bonjours sylvia! je suis tombée sur ton article en faisant des recherche sur internet, et je dois dire que je me suis reconnue en ce que tu dis.. sauf que moi avant j’étais une fille pleine de vie, trés bavarde et que maintenant j’ai comme l’impression d’avoir le cerveau bloqué qui est h24 en train de pensée mais sans pensée a des choses importante, je n’arrive plus trop a parler car quand je suis avec des gens j’arrive pas a pensée quelque chose… je me sens vide… c’est trés bizarre. bref si je tenais a te répondre c’est parce que y a pas lontemps je suis tomber sur ” la depersonnalisation et la déréalisation” et ça ressemble un peut a ce que tu décris ici…
novembre 11, 2007 à 5:08
J’aime ce blog tranquille comme une promenade au soleil couchant.
On va rentrer, se faire un bon thé, finir ses devoirs, préparer le linge de demain matin…
Merci pour les références des livres à lire ou à relire.